Jean Dujardin dévoile les dessous de la French Connection

 

© Gaumont distribution. Le juge Pierre Michel, incarné par Jean Dujardin

© Gaumont distribution. La détermination du juge Pierre Michel, incarné par Jean Dujardin.

 

Réalisateur : Cédric Jimenez
Acteurs : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Benoît Magimel, Mélanie Doutey, Bruno Todeschini
Genre : Drame, Policier / Polar
Nationalité : Français
Date de sortie : 03 décembre 2014
Durée: 2h 15mn

          Marseille, mercredi 21 octobre 1981. Deux motos encerclent celle du juge Pierre Michel, qui s’effondre quelques secondes plus tard. Le glas d’une vie mise à contribution de la justice, qu’il exerçait corps et âme au nom de l’intérêt général. Grand banditisme, trafic de drogue, c’est ce « Marseille trouble » des années 70, furieusement mis en scène dans « La French », qui nous saisit en ce moment dans les salles.

        Véritable réseau organisé prenant part à l’exportation de 90% de la consommation d’héroïne destinée aux Etats-Unis début 1970, la French Connection est passée au crible de ses propres balles dans un récit implacable et sans demi-mesure. Le jeune juge d’instruction Pierre Michel, convainquant et pugnace, est prêt à radicaliser ses méthodes, bousculer les procédures pour faire trembler les truands, les politiques et sa hiérarchie. Jean Dujardin incarne avec perfection ce grand homme de l’histoire marseillaise, marqué dès ses débuts, en tant que juge pour mineurs, par le spectacle funeste des ravages de la drogue sur la jeunesse.

        Sa lutte féroce et palpitante contre l’insaisissable parrain de la pègre marseillaise Gaëtan Zampa, brillamment incarné par le premier vrai rôle de « bad boy » de Gilles Lellouche au cinéma, n’est pas la seule croisade menée obstinément par le juge.

        Les pressions, les refus de sa hiérarchie, la crainte de ses procédés, jusqu’aux nébuleuses découvertes qui l’emmèneront dans le cabinet du maire de l’époque, Gaston Deferre, font partie des rouages repris dans cet immuable reflet des pratiques mafieuses.

        Ces zones d’ombres qui font encore le quotidien des unes marseillaises, sont inlassablement combattues par le justicier, qui ressent la mort bien avant de la connaître et sa vie de père de famille douloureusement compromise.

        Le rythme de ce polar seventies, aux habillages soignés et aux décors authentiques, nourrit généreusement cette épique fresque du grand banditisme.

    Marseillais de souche, Cédric Jimenez se surprend à sublimer certaines scènes d’un revirement Scorsesien pour le meilleur d’un scénario aussi librement inspiré que fidèle aux attentes des spécialistes de la French Connection.

        Un service bien rendu à sa ville natale qui pâtit toujours d’une image amalgamée à son insécurité liée aux « affaires », bien plus que d’une quête sourcilleuse et courageuse de ses vérités.

        On en sortirait presque frustrés : le rythme d’enquête effréné, cette insatiable quête de justice qui nous colle à la peau au fil du long métrage ne nous éclairera pas sur les mystérieux commanditaires du dernier juge assassiné en France à ce jour. De là à susciter, déjà, l’emballement vers un deuxième volet.

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